Un petit matin, on a reçu le mail d’un frère attentionné : Martin qui avait fait les photos du mariage de sa soeur en amateur en se présentant à nous en toute modestie comme un simple étudiant.

Jolie surprise que de découvrir son joli travail, et un mariage très touchant, vu dans l’objectif d’un proche.

Marion a ensuite accepté de répondre à quelques questions pour vous raconter cette belle journée.

(Et vous aussi n’hésitez pas à partager vos photos avec nous : contact@unbeaujour.fr)

Juillet 2010, je rêvais devant les noces d’Un beau jour, toutes plus brillantes les unes que les autres ; je rêvais aussi de me marier avec Guillaume dans le village natal de mon père où je passais mes vacances petite fille.

Montlaur donc, perdu au cœur des rougiers d’Aveyron, au milieu de nulle part… et tout à faire nous- mêmes !! Je rêvais d’un mariage champêtre et romantique, et nous pensions aux banquets du début du XXème siècle, comme en témoigne notre faire-part que nous avons créé à partir d’une idée d’un vieux « Notre Temps » des années 80 (!!) et d’un coup de pouce de mon plus jeune frère Martin pour la mise en page. Mes parents possèdent une charmante petite maisonnette en pierre en bordure d’un champ face au village, mais sans électricité ; j’avais d’abord dans l’idée de faire le repas à midi, en plein champ, mais cela s’est révélé risqué en terme de météo et logistiquement impossible pour 220 personnes.

Nous sommes donc partis à la recherche d’un lieu dans les environs : une vieille bâtisse en pierre, assez grande et pleine de charme de préférence ; mais cela n’existe pas dans cette région ; les granges sont réservées aux brebis et nous ne voulions pas d’un château ! Finalement nous avons décidé de faire l’apéritif dans le champ et le repas dans la salle des fêtes assez jolie du village.

Pour le repas, comme l’organisation et le menu étaient un peu atypiques, il nous fallait quelqu’un de flexible ; nous avons fait confiance à Arnaud qui venait de reprendre le restaurant de son grand-père avec sa compagne Charline : ils étaient partants pour l’apéritif en plein air et le méchoui qui suivrait.

Nous avons pris tout le reste en charge : montage (fastidieux !) des barnums, location des groupes électrogènes, décoration (merci aux mamans !)… grâce à nos familles et amis, tout a été prêt à temps !

Je rêvais des robes à la Marie-Antoinette du film de Sofia Coppola et ai imaginé la mienne à partir de la robe noire de la scène du bal masqué : bustier XVIIIème, tulle et broderies, mais sans l’énorme jupon caractéristique !

Ma tante Ludmila, qui est danseuse, m’avait depuis toujours promis de me faire ma robe de mariée ; et la voilà coupant et assemblant la soie, enfilant les baleines, découpant la dentelle dans un napperon ancien chiné en brocante pour la fixer sur le corset, posant les biais, créant la jupe et la ceinture… La robe de mes rêves à tout petit prix : celui du tissu ! Je n’arrivais pas à choisir – bustier dessus ou dessous ? manches ou pas ? ceinture ou pas ?-, alors nous avons décidé que la robe évoluerait au cours de la journée : manches et ceinture fleurie pour la cérémonie, sans manche et bustier par-dessus la jupe pour la soirée !

Quelques simples petits accessoires – camés au doigt et dans les cheveux-, des compensés aux semelles en cordes nouées autour de la cheville, une coiffure toute simple et un maquillage naturel (aussi faits maison !) et pas de bouquet à la main – le mien était accroché à ma ceinture ; le tour était joué ! Guillaume a quant à lui choisi son costume dans une boutique lyonnaise, et y a ajouté la petite touche rétro de la montre gousset.

Juillet 2011, notre seule inquiétude : le temps apocalyptique de ce mois-la. Et effectivement, l’ambiance fut électrique !

Cérémonie sous le soleil : procession de la maison de ma grand-mère jusqu’à la mairie puis l’église ; célébration avec musique écrite par Guillaume qui est musicien, chantée et jouée par les copains ; sortie sous les bulles de savon et les pétales de roses séchés encornées dans des partitions…

Apéritif au grand vent sous un ciel menaçant : les pieds dans les blés ou sous le grand barnum près à s’envoler, petits points chauds où les invités pouvaient trinquer (vins « maisons » : de noix, d’orange…) et se restaurer (foie gras poêlé, gambas à la plancha..), musique jazz (toujours par les copains !), coin « pique-nique et jeux » pour les enfants, lâcher de ballons indiscipliné …

Déco : gros bouquets champêtres un peu partout ; épouvantails en habits de noces anciens, petits oiseaux en papiers et cœurs découpés dans des feuilles de papier de riz accrochés aux arbres, fauteuils en velours et lit en fer forgé avec moustiquaires ou bottes de pailles recouvertes de draps de lin pour s’asseoir ; bacs anciens et carafes en faïence pour laver les mains, couronnes de buis et rubans ; machine à écrire ancienne et vieux dictionnaire en place du traditionnel livre d’or….

Repas sous la pluie : procession entre les gouttes emmenée par un groupe de musique traditionnelle, flambée des volailles et de l’agneau à la broche, dégustation aux chandelles de l’aligot, du roquefort et des glaces artisanales au lait de brebis faites sur place, bal folk dans l’amphithéâtre jouxtant la salle…

Déco : table blanche version banquet (favorisant vraiment la convivialité !) avec un chemin de table de lierre et de fleurs roses de saisons dans des petits verres anciens, carafes anciennes, dragées dans de petits berlingots de tulles et grands chandeliers ; chaque invité repérant sa table à la couleur des rubans qui y étaient accroché.

Pour notre plus grand bonheur, la fête a duré jusque très tard dans la nuit, avec des cousins des deux familles bras-dessus bras-dessous ; tout ce que l’on souhaite d’un moment comme celui-là !

Le lendemain, nous voulions poursuivre la fête par un grand pique-nique dans le champ de l’apéritif mais le bon vieux temps nous en a encore empêchés ! Le camion à pizza est quand même venu nous régaler à la salle des fêtes ! Les belles photos de ce beau jour ont été prises par Martin; nous voulions que ce soit son premier reportage, j’espère le premier d’une longue liste !

Elles sont à l’image de cette aventure et à la mesure de son jeune talent. Le lieu : Jassou et salle des fêtes, Montlaur (12400), sud Aveyron. La photo : Martin Condomines. Les tenues : Ludmila Dubost pour la mariée, Kenzo pour le marié. Le cocktail et le repas : restaurant L’Oustalet (Montlaur).